- Festival National des Arts Populaires de Marrakech :

La 55e édition célèbre la mémoire vivante du Maroc et renoue avec ses lieux emblématiques
Par Mohamed Namad
Jeudi 25 Juin 2026
Les arts populaires constituent l’une des expressions les plus authentiques de l’identité culturelle marocaine. Ils ne se résument pas à des chants, des danses ou des rythmes traditionnels ; ils sont avant tout une mémoire collective, porteuse des récits, des valeurs et des traditions des différentes communautés du Royaume. À travers leur diversité, ils témoignent de la richesse du patrimoine immatériel marocain et assurent le lien entre le passé et le présent.

C’est dans cet esprit que Marrakech s’apprête à accueillir la 55e édition du Festival National des Arts Populaires (FNAP), du 2 au 6 juillet 2026, sous le thème : « Les arts populaires… Trésors d’hier et d’aujourd’hui ». Un rendez-vous culturel qui confirme, une fois de plus, le statut de ce festival comme l’une des plus importantes manifestations artistiques et patrimoniales du Royaume.
Organisé par l’Association Le Grand Atlas, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et avec le soutien de plusieurs institutions et acteurs locaux, le festival s’inscrit dans une démarche de préservation et de valorisation du patrimoine culturel immatériel marocain.
Lors d’une conférence de presse tenue dans un hôtel du quartier de l’Hivernage à Marrakech, le directeur du festival, le Dr Mohamed Knidiri, a dévoilé les grandes lignes de cette nouvelle édition, porteuse de fortes dimensions culturelles et symboliques.

Il convient toutefois de souligner que l’absence de plusieurs chercheurs et spécialistes des arts populaires et du patrimoine immatériel a privé cette rencontre d’un débat plus approfondi sur les enjeux culturels et scientifiques du festival. Leur présence aurait sans doute enrichi les échanges et apporté une lecture plus académique de cette manifestation historique.
Par ailleurs, certains thèmes abordés lors de cette conférence, notamment ceux liés au marketing culturel et à la recherche de nouveaux investisseurs et partenaires, ont parfois semblé éloignés des préoccupations d’une partie de l’assistance. Ces questions, insuffisamment explicitées, ont laissé une impression de décalage avec l’essence même du festival, dont la vocation première demeure la célébration et la sauvegarde des arts populaires marocains.
Depuis sa création en 1960, le Festival National des Arts Populaires est bien plus qu’un simple événement artistique saisonnier. Il s’est imposé, au fil des décennies, comme un espace de valorisation de la mémoire collective et une plateforme dédiée à la préservation des expressions culturelles qui reflètent la diversité et la richesse de l’identité marocaine.
Cette 55e édition revêt un caractère particulier avec le retour des grands spectacles au Palais El Badii, site emblématique intimement lié à l’histoire du festival. Ce retour symbolise une belle réconciliation entre l’art et le patrimoine, où les expressions populaires retrouvent l’écrin majestueux d’un monument chargé d’histoire.
Autre nouveauté majeure : la Médersa Ben Youssef accueillera, pour la première fois, des représentations artistiques dans le cadre du festival. Une initiative qui vise à créer une interaction harmonieuse entre le patrimoine architectural et les arts populaires, en transformant les monuments historiques en espaces vivants de création et de partage.
La programmation de cette édition s’annonce particulièrement riche, avec la participation de 35 troupes dans les spectacles principaux, auxquelles s’ajoutent 25 autres formations qui se produiront dans plusieurs places et espaces publics de Marrakech, afin de rapprocher le festival des habitants et des visiteurs.
Le public sera également convié à un grand carnaval artistique, le 3 juillet, qui partira de la place de la Municipalité, sur l’avenue Mohammed V, traversera la mythique place Jemaa El Fna avant de rejoindre le Palais El Badii, dans une célébration haute en couleur de la diversité culturelle marocaine.
L’un des temps forts de cette édition sera la soirée des hommages, marquée par la distinction de l’artiste Zina Daoudia, en reconnaissance de sa contribution à la promotion et à la préservation de l’art de la Aïta et de la chanson populaire marocaine.
Dans le même esprit de préservation de la mémoire, un documentaire consacré à l’histoire du festival et aux efforts déployés pour sauvegarder ce patrimoine artistique sera également présenté au public.
L’ouverture à l’international sera également au rendez-vous, avec la participation de troupes venues d’Europe et d’Amérique, dans une volonté de favoriser le dialogue interculturel et de renforcer le rayonnement des arts populaires marocains à l’échelle mondiale.
Le thème choisi cette année, « Les arts populaires… Trésors d’hier et d’aujourd’hui », traduit la volonté des organisateurs de créer un pont entre héritage et modernité. Car les arts populaires ne sont pas de simples vestiges folkloriques ; ils constituent une mémoire vivante qui raconte l’histoire des communautés et porte les valeurs d’une société en perpétuelle évolution.
La nouvelle édition devrait attirer des milliers de visiteurs et d’amoureux du patrimoine, venus du Maroc et de l’étranger, confirmant ainsi la place de Marrakech comme capitale de la culture, de l’art et du rayonnement civilisationnel.
Plus de six décennies après sa création, le Festival National des Arts Populaires poursuit donc sa mission : célébrer le patrimoine immatériel marocain et transmettre aux nouvelles générations ces trésors qui constituent l’âme et la mémoire du Royaume. Mais le défi des prochaines éditions ne réside pas seulement dans le développement organisationnel ou la recherche de nouveaux partenaires ; il passe également par une plus grande implication des chercheurs, universitaires et spécialistes des arts populaires, afin de donner à cette manifestation l’épaisseur intellectuelle et scientifique que mérite son prestigieux héritage.
Source : https://partagemax.com/?p=13278




